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L'éradication de la variole, proclamée
par la 33ème Assemblée mondiale de la
santé, le 8 mai 1980, est un exemple de l'efficacité
de la vaccination souvent mis en avant pour mobiliser
les énergies contre la polio.
L'éradication de la variole avait cependant
été précédée de plusieurs
échecs. Celui du programme d'éradication
de l'ankylostomose, une maladie parasitaire provoquant
une anémie, lancé par la Rockefeller Sanitary
Commission en 1909 ; ceux pour l'éradication
du pian et du paludisme, mis en place au milieu des
années cinquante et abandonnés en 1970.
Une nouvelle forme de pénicilline injectable
et efficace à long terme après une seule
dose avait soulevé l'espoir d'éliminer
le pian, maladie tropicale provoquée par une
bactérie proche de celle de la syphilis. Quant
au paludisme, on crut en supprimer le vecteur –
des moustiques du genre Anophèle – à
coups de DDT. L'OMS affecta pendant quinze ans 500 personnes
et plus du tiers de ses dépenses au programme
d'éradication du paludisme. En vain. L'idée
d'éliminer la fièvre jaune dut aussi être
abandonnée à la fin des années
soixante-dix, à cause de la survie du virus chez
des insectes.
Après tant d'espoirs déçus, la
lutte contre la variole eut les plus grandes difficultés
à rassembler les soutiens nécessaires.
Donald A. Henderson, professeur à l'université
Johns Hopkins, à Baltimore, qui a dirigé
la campagne d'éradication de la variole a écrit
:
| Il fut difficile
de convaincre certains pays endémiques. Les
pays industrialisés ne voulaient pas financer.
L'UNICEF, qui avait tant aidé le précédent
programme – contre le paludisme – décida
qu'elle ne participerait plus à un nouveau
projet d'éradication et déclara qu'elle
ne fournirait aucune aide. Plusieurs pays ont tout
de même donné des vaccins et le Programme
pour l'Afrique de l'Ouest, piloté par l'US
Communicable Disease Center, fournit une aide décisive.
Mais les dons reçus par l'OMS pour l'ensemble
des sept premières années du programme
variole, de 1967 à 1973, atteignirent exactement
79 500 dollars. |
Il ajoute :
| L'éradication
n'a été obtenue que de justesse. Dans
de nombreuses régions du monde, ses progrès
ont oscillé entre succès et désastres,
la décision n'étant souvent emportée
que par les efforts, dignes de Don Quichotte, des
équipes sur le terrain.(1) |
Pour rayer une maladie infectieuse de la surface du
globe, il faut plusieurs conditions que remplissait
la variole. D'abord, le virus n'avait pas de réservoir
animal : l'éradication de la fièvre jaune
ou de la grippe serait, par exemple, exclue à
l'heure actuelle car le virus qui infecte les hommes
se propage aussi chez des espèces animales inaccessibles
à la vaccination. Ensuite, les épidémies
pouvaient facilement être surveillées :
les éruptions provoquées par la variole
ne passent pas inaperçues. Enfin, il existait
un vaccin suffisamment efficace pour interrompre la
transmission du virus.
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