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On possède un témoignage très ancien
sur la poliomyélite : une stèle égyptienne
de la XVIIIe dynastie montre un prêtre affligé
du pied «équin» typique des séquelles
de la maladie. Elle est cependant passée inaperçue
pendant des millénaires, avant que les progrès
de l'hygiène, en réduisant l'immunité
naturelle acquise pendant la jeune enfance, donne naissance
à des épidémies dramatiques. La poliomyélite
suscitait au milieu du XXe siècle une terreur dont
seule la crainte du sida peut donner aujourd'hui une idée.
Cette crainte fut à l'origine d'une immense
mobilisation populaire au milieu du XXe siècle
aux États-Unis. La March
of Dimes, impulsée par le président
Franklin D. Roosevelt fait figure de précurseur
des téléthons, Sidaction et autres campagnes
modernes de soutien à la recherche et aux associations
de malades. Cette mobilisation et les fonds qu'elle
recueillit impulsèrent une des recherches qui
permirent la mise au point rapide des deux vaccins contre
le virus de la poliomyélite, ceux de Jonas
Salk (injectable) et Albert
Sabin (oral). Un essai
du vaccin Salk, organisé en 1955, est le
plus vaste essai clinique de tous les temps.
L'assistance respiratoire aux victimes de la poliomyélite
est à l'origine d'immenses
progrès en réanimation, tandis que
les besoins d'une production des vaccins en grande quantité
a provoqué des transformations technologiques
qui ont révolutionné la production des
vaccins et ont été appliquées,
ensuite, à tous les vaccins.
A la fin du XXe siècle, l'Initiative
mondiale d'éradication de la poliomyélite
lancée par l'Organisation mondiale de la santé
a suscité pour la seconde fois un vaste mouvement
de lutte contre la maladie. Onze millions de volontaires
participent à la campagne, la plus vaste entreprise
pacifique de tous les temps.
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