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S'il est une maladie contre laquelle la vaccination a
prouvé son utilité sociale, c'est bien la
polio ! Grâce aux vaccins, la maladie est totalement
inconnue des jeunes générations des pays
industrialisés, où la grande majorité
des médecins n'ont jamais vu un seul cas de poliomyélite.
Elle est en voie d'être la seconde maladie rayée
de la surface du globe, après la variole dont l'éradication
a été proclamée en 1980.
Cette réussite est favorisée par l'existence
de deux types de vaccins
complémentaires.
Le vaccin injectable, mis au point en 1954 par Jonas
Salk et parfois adapté (notamment par Pierre
Lépine, Institut Pasteur de Paris), utilise un
virus inactivé, autrement dit "tué".
Le premier essai de ce vaccin a été la
plus grande expérience médicale de l'histoire.
Son succès a marqué le milieu du XXe siècle.
Le vaccin
oral, qui utilise des souches vivantes de virus
atténué, a été mis au point
par plusieurs équipes à la fin des années
1950, mais c'est celui d'Albert Sabin qui a été
universellement adopté. Son avantage est d'être
très facile à administrer et de bien se
prêter aux vastes campagnes de vaccination dans
les pays en développement. Son inconvénient
est que le virus vaccinal redevient parfois virulent,
provoquant des paralysies chez 1 personne vaccinée
sur 750 000 à 2,5 millions, selon les sources.
Le vaccin injectable comporte les trois souches du
virus dans les proportions suivantes : 40 unités
de type 1, 8 de type 2 et 32 de type 3. Le vaccin oral
inclus généralement une souche vivante
atténuée de chaque type. |