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La vaccination systématique emploie, selon les
pays, le vaccin injectable fondé sur la méthode
de Jonas Salk (IPV), le vaccin oral mis au point par
Albert Sabin (OPV), ou une association des deux. La
France, par exemple, réserve le vaccin oral aux
situations épidémiques, pour le cas où
il s'en produirait, et préconise le vaccin injectable
pour la vaccination obligatoire. A la suite des progrès
de l’éradication, toutes les provinces
canadiennes sont récemment passées de
la vaccination systématique par l’OPV à
celle par l’IPV. Aux États-Unis, on trouvait
encore récemment trois situations : uniquement
l'OPV, uniquement l'IPV, ou deux doses d'IPV suivies
de deux doses d'OPV. L'utilisation exclusive du vaccin
injectable est recommandée pour les quatre doses
du calendrier vaccinal depuis janvier 2000.
Le principal argument en faveur de l'utilisation de
l'IPV plutôt que l'OPV est que le premier évite
les cas de poliomyélite dus à la vaccination.
En effet, la souche atténuée utilisée
pour l'OPV retrouve parfois sa virulence et provoque
des paralysies poliomyélitiques. De 1980 à
1994, on a compté, en moyenne, huit cas de poliomyélite
par an dus à l'OPV, aux États-Unis.
Le vaccin utilisé pour les campagnes de vaccination
de l'Initiative mondiale pour l'éradication de
la poliomyélite est l'OPV, dont le docteur Bruce
Aylward, coordonnateur international de l'Initiative
à l'OMS, jusqu'en 2003, évalue ainsi les
avantages par rapport au vaccin injectable dans la perspective
de l’éradication :
« D'abord, les deux vaccins ne procurent pas
le même type d'immunité. Le vaccin oral
induit la production d'anticorps dans l'intestin, ce
qui est très utile car c'est par cette voie que
les enfants sont infectés. On obtient les anticorps
sur le lieu même de l'infection. Le vaccin injectable
provoque ce qu'on appelle une immunité humorale,
c'est-à-dire des anticorps qui circulent dans
le sang et qui, parfois, ne sont pas aussi efficaces
que des anticorps situés dans l’intestin
pour enrayer un foyer épidémique. Cette
caractéristique de l’OPV en a fait un outil
indispensable de la campagne d’éradication.
| Utilisation
de l'IPV et de l'OPV dans le monde |
| |
Pays |
Naissances
annuelles (millions) |
IPV
uniquement |
22 |
6,8 |
| IPV et OPV |
8 |
0,5 |
Passage
imminent de l'OPV à l'IPV |
4 |
1,8 |
| OPV uniquement |
178 |
122,7 |
Source
: OMS, 2002 |
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« La deuxième grande différence
est celle de la logistique nécessaire à
l'administration des vaccins. Le vaccin oral peut être
donné par pratiquement n'importe qui après
quelques minutes d'explication, ce qui facilite l'organisation
de vaccinations de masse, avec 10 millions de volontaires
à l'échelle mondiale. Le vaccin injectable
nécessite une seringue et une aiguille. Il faut
être certain que les piqûres sont pratiquées
sans risque.
« Une troisième différence est
le coût. Le vaccin oral est le seul utilisé
dans les pays en développement, le seul acheté
par l'UNICEF, et nous bénéficions de prix
négociés très avantageux. L’IPV
est nettement plus cher, notamment parce qu’il
n’y a pas eu de négociation pour son utilisation
dans des pays en développement. »
Le fait que l'OPV utilise un virus atténué
mais vivant présente un autre avantage crucial
pour atteindre des enfants qui échappent aux
campagnes de vaccination. Le virus vaccinal se multiplie
dans l'organisme des enfants, est excrété
dans leurs selles, infecte leur entourage... et le vaccine
indirectement. Des enfants qui n'ont pas reçu
le vaccin de la main d'un volontaire ou d'un membre
du corps médical seront contaminés spontanément
par les souches vaccinales de leurs camarades de jeux.
Plus les conditions sanitaires sont mauvaises, plus
elles favorisent l'immunisation indirecte par le vaccin
oral.
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