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Le virus de la poliomyélite se transmet d'homme
à homme par l'intermédiaire d'eau ou de
nourriture contaminée par les excréments,
ou se propage directement par des aérosols ou
la salive pendant les deux premières semaines
d'infection du porteur.
Une fois ingéré, le virus se multiplie
dans les cellules des muqueuses de la gorge et des intestins.
L'incubation dure de quatre à trente-cinq jours,
mais les premiers symptômes apparaissent le plus
souvent entre sept et quatorze jours après l'infection.
Le virus est excrété dans les selles pendant
trois à six semaines. Il est plus stable que
la plupart des autres virus et peut demeurer actif plusieurs
semaines dans l'eau et la nourriture contaminées.
C'est un des virus les plus contagieux qui soient :
il touche quasiment tous les membres d'une famille dans
laquelle un individu est infecté.
Un nourrisson exposé au virus est protégé
par les anticorps transmis par le lait maternel, si
la mère a été elle-même en
contact avec le virus une fois dans sa vie, ce qui est
le cas le plus fréquent dans des pays où
les conditions sanitaires sont rudimentaires. Si un
bébé est exposé au virus de la
polio, son propre système immunitaire produit
des anticorps qu'il conservera toute la vie, pendant
que ceux de sa mère le protègent de cette
première infection.
Le virus de la polio passe totalement inaperçu
chez 90 % des enfants qu'il infecte. Chez la majorité
des autres, il cause une indisposition limitée
et temporaire, avec mal de tête, fièvre,
mal de gorge et vomissements. Les maux de gorge et vomissements
sont dus à la prolifération du virus dans
la partie supérieure de l'appareil digestif,
après son ingestion par la bouche.
Selon le type de virus contracté, un enfant
sur 100, 200 ou 1000 est frappé de paralysie
et le virus de la polio se transmet silencieusement
d'un enfant à l'autre, pendant des semaines ou
des mois. Dans les pays en développement aux
conditions sanitaires particulièrement défavorables,
les malades ont presque toujours entre deux et cinq
ans. Les plus jeunes sont protégés par
l'allaitement ; au-delà de cinq ans, quasiment
toute la population a déjà été
exposée au virus.
Dans les pays tropicaux, les premiers symptômes
de la polio sont souvent confondus avec ceux du paludisme,
et pour décrire les manifestations de la polio
les médecins parlent souvent de symptômes
« pseudo-palustres ». Dans les pays industrialisés,
ils sont « paragrippaux ».
Si le virus franchit la barrière immunitaire
des cellules des muqueuses gastro-intestinales, il pénètre
dans le système nerveux, où il trouve
les cellules dans lesquelles il prolifère le
mieux. Il se propage alors dans la masse grise formée
par les cellules nerveuses des deux « cornes antérieures
» qui courent de haut en bas de la moelle épinière,
sur sa face avant. De la moelle épinière,
le virus passe dans les neurones qui relient la moelle
épinière aux muscles ; ces neurones «
moteurs » permettent de bouger les bras, les jambes,
le diaphragme, et d'autres muscles.
Le virus de la polio a une prédilection pour
les neurones moteurs, dans lesquels il se multiplie
et qu'il détruit. Si tous les neurones d'un nerf
qui innerve un muscle donné sont anéantis,
ce muscle sera totalement paralysé. Le muscle
lui-même est intact mais la communication avec
le cerveau est interrompue, et il ne reçoit plus
l'ordre de se contracter. Si le virus ne détruit
qu'une partie des neurones d'un nerf, le muscle sera
affaibli mais fonctionnera toujours.
Le niveau atteint par le virus dans la moelle épinière
détermine quelles parties du corps sont touchées.
Dans 79 % des cas, ces sont les membres qui sont affectés,
le plus souvent les jambes. Au niveau des jambes, le
fonctionnement des muscles fléchisseurs est moins
souvent compromis que celui des muscles extenseurs.
Si le virus atteint le bulbe rachidien dont dépendent
les muscles respiratoires, en particulier le diaphragme,
la maladie peut entraîner la mort par asphyxie.
Elle peut aussi causer un arrêt cardiaque. Dans
19 % des cas, le virus atteint à la fois les
nerfs moteurs des membres et le bulbe rachidien, et
dans 2 % uniquement le bulbe rachidien.
La maladie évolue différemment chez les
enfants et chez les adultes. La durée d'incubation
avant les premiers symptômes est plus longue et
la fièvre moins élevée chez les
adultes, mais les paralysies sont plus fréquentes
et plus graves. La mortalité est de 2 à
5 % chez les enfants, contre 15 à 30 % chez les
adultes.
Aucun traitement n'existe. Rien ne peut contrer le
virus une fois qu'il a envahi l'organisme. Les médecins
sont réduits à attendre, en aidant de
leur mieux le malade jusqu'à ce que son système
immunitaire prenne le dessus et élimine l'agent
infectieux. Une amélioration suit généralement
la fin de la maladie, des neurones intacts créant
des prolongements qui remplacent en partie les neurones
détruits. Certains muscles retrouvent un fonctionnement
quasi normal.
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