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La diminution physique provoquée par la polio
ne s'arrête, hélas, pas toujours avec la
récupération qui suit la maladie. Des
adultes touchés par la polio dans l'enfance voient
leurs séquelles s'aggraver et la paralysie s'étendre
inéluctablement des dizaines d'années
après la stabilisation de leur condition et le
dur parcours des opérations et de la rééducation.
Marie Héraud, une malade française, raconte
ainsi ses souffrances :
« Née en décembre 1925, polio à
l'âge de huit mois, je souffre de fortes séquelles
du membre inférieur droit. Jusqu'à l'âge
de 47 ans, je pouvais faire 10 kilomètres à
pied, rester debout dans un musée tout un après-midi.
Puis sont apparues des difficultés pour descendre
les escaliers, puis des difficultés pour marcher.
A 54 ans, j'ai pris une canne, à 60 ans deux
cannes, avec lesquelles j'ai marché pendant dix
ans. Puis, ne pouvant plus me soulever sur les deux
cannes, je suis passée au déambulateur
à roulettes et au fauteuil roulant motorisé.
« Actuellement, je fais cent mètres avec
un déambulateur, ma station debout est limitée
à une minute. La fatigue m'oblige à rester
allongée quinze heures par jour. » (1)
Le « syndrome post-polio » touche 25 à
40 % des victimes de la polio et apparaît entre
vingt-cinq et quarante ans après l'épisode
aigu. Ses causes ne sont pas totalement comprises. Les
spécialistes écartent aujourd'hui l'hypothèse
d'un réveil du virus que le système immunitaire
n'aurait pas réussi à éliminer
et qui serait demeuré dormant pendant des dizaines
d'années. L'explication la plus vraisemblable
est celle avancée en 1981 par David Wiechers
et Susan Hubbell : les extensions neuronales qui permettent
aux nerfs de récupérer une partie de leur
fonctionnalité après la phase aiguë
de la maladie n'ont pas les mêmes qualités
que les neurones moteurs originels ; ils s'épuisent,
dégénèrent et disparaissent avec
le temps. Quelques traitements du syndrome post-polio
sont à l'essai, mais aucun n'a donné de
résultats probants.
La March of Dimes, organisation caritative qui a joué
un rôle décisif dans la lutte contre la
polio aux États-Unis au milieu du XXe siècle,
estime que 250 000 victimes de la polio souffrent aujourd'hui
de ce syndrome aux États-Unis, 40 000 en Allemagne,
30 000 au Japon, 24 000 en France et 12 000 au Canada
et au Royaume-Uni, et que ce chiffre atteindra quatre
à huit millions à l'échelle mondiale.
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